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Afrique : Les Politiques de Contenu Local Contribueront-Elles à Éviter la Malédiction du Pétrole ?

Ces dernières années, d’importantes réserves de pétrole ont été découvertes en différents lieux d’Afrique. Si cet “or noir” représente bien une opportunité de croissance économique, les citoyens de l’Afrique subsaharienne tout autant que les experts partagent les mêmes craintes : que les retombées pétrolières ne profitent pas aux populations locales et, plus grave encore, que le pétrole ne devienne véritablement une malédiction.

En 2009, Nana Adjoa Hackman du journal en ligne Modern Ghana suggérait une solution possible :

“Il est courant que les pays producteurs de gaz et de pétrole négocient des accords de contenu local avec les compagnies pétrolières internationales intéressées afin de s’assurer d’une part financière plus élevée dans les projets gaziers et pétroliers. Cette tendance résulte de la prise de conscience par les pays riches en ressources de leurs faibles performances économiques en dépit de leurs immenses richesses.”

Tullow oil camp, Uganda. Image by Conservation Concepts on Flickr (CC BY 2.0).Site pétrolier de la compagnie pétrolière Tullow en Ouganda. Photo de Conservation Concepts sur Flickr (CC BY 2.0).

Prenant pour exemple le Ghana, elle explique ceci :

“Parmi les mesures prises pour mettre en place un plan de production de gaz et de pétrole, un projet de loi intitulé “Projet de loi pour la mise en place d’une autorité de régulation du pétrole ghanéen” (GPRA) a été publié en octobre 2008. (…) Les sections 100 à 105 inclue de ce projet de loi traite de la promotion du contenu local mais plus particulièrement de l’implication de la compagnie pétrolière nationale, de la fourniture de biens et de services par les entrepreneurs locaux tout autant que de l’emploi et de la formation des Ghanéens.”

En 2010, un programme politique de contenu local a été adopté par le Ghana mais il doit encore être approuvé par le Parlement. Ce programme est à présent plus urgent que jamais car trouver un emploi est la préoccupation majeure d’un nombre toujours croissant de Ghanéens.

Commentant un article intitulé Youth Angry-Over Elusive Jobs In Oil Industry (Emplois inaccessibles dans l’industrie pétrolière : la colère de la jeunesse), Christiane Badgley écrit :

“Le pétrole rapporte quantité d’argent et entraîne chez beaucoup, bien sûr, une forte attente en termes d’emplois bien rémunérés. Le problème, c’est que cette industrie – du moins telle qu’elle existe actuellement au Ghana – ne génère pas beaucoup de travail. (…) Il nous faut attendre d’avoir plus de détails sur la manière dont le gouvernement pense étoffer le contenu local et augmenter sa participation, ce qui est chose plus facile à dire qu’à faire. Formation, éducation, quotas, régulation, amendes, impôts, incitations sont les différentes options dont dispose le gouvernement dans le traitement de cette question.”

L’Ouganda est en train d’effectuer la même démarche, à savoir l’adoption d’une politique de contenu local, ainsi que l’a expliqué le site In2EastAfrica :

“L’Ouganda veut une politique de contenu local forte dans ce contexte industriel naissant d’exploitation de gaz et de pétrole afin que ses citoyens gagnent en qualification et en compétitivité. Il essaie ainsi de s’assurer des retombées en termes de revenus et d’éviter la malédiction du pétrole.”

En effet, éviter la malédiction du pétrole est chose importante en Ouganda, notamment si cela peut contribuer à empêcher l’émergence de nouvelles figures à l’image de Joseph Kony [en français]. Le pétrole a, après tout, été découvert dans le nord-ouest, près de la frontière de la République démocratique du Congo, épicentre justement d’un conflit qui a duré 30 ans et a été mené par ce même Joseph Kony, chef de l’Armée de Résistance du Seigneur. Une politique de contenu local pourrait donc créer de l’emploi pour les populations locales et les détourner du sentier de la guerre.

Pour ce qui est du Kenya, où du pétrole a été trouvé en tout début de cette année, le réseau social Local Development Network of Africa (Réseau de développement local de l’Afrique) demande sur Twitter :

@ledna : Jusqu’où sont allées les discussions sur le “contenu local” en matière de gaz et de pétrole au #Ghana “? Ceci pourrait être instructif pour le #Kenya qui vient juste de trouver du pétrole.

Günther Schulze, professeur d’économie à l’Université de Fribourg en Allemagne, ajoute une autre perspective sur World Bank blog, le blog de la Banque mondiale :

“Le plus grand défi – mais assurément le plus important – est de construire et de conserver de bonnes institutions. (…) La transparence sera le levier le plus puissant pour rendre des comptes. Si les Kenyans connaissent avec exactitude la quantité de pétrole produite, le montant des royalties payées par les compagnies pétrolières, ce sera alors déjà un pas important dans la bonne direction. (…) La puissante société civile du Kenya et les secteurs de la création, en particulier dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication, peuvent jouer un rôle important dans le contrôle des flux de revenus pétroliers et proposer des solutions sur comment bien dépenser l’argent. Si cette ressource naturelle qu’est le pétrole peut s’avérer être une vraie malédiction, peut-être pourrait-elle alors se transformer en une bénédiction.”


For further information on the topic, please view the following publications from our partners:

Oil for Uganda -or Ugandans? Can Cash Transfers Prevent the Resource Curse?from the Center for Global Development.

Oil to Cash: Fighting the Resource Curse Through Cash Transfersfrom the Center for Global Development.

Averting the Resource Curse in Ghana: The Need for Accountabilityfrom the Ghana Center for Democratic Development.


For more information on issues and events that shape our world please visit the ISN’s Security Watch and Editorial Plan.

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Will Local Content Policies Help Africa Avoid the Oil Curse?

Tullow oil camp, Uganda. Image by Conservation Concepts on Flickr (CC BY 2.0).
Tullow oil camp, Uganda. Image by Conservation Concepts on Flickr (CC BY 2.0).

In recent years, major reserves of oil have been discovered at various locations across Africa. If this ‘black gold’ represents an opportunity for economic growth, the fear that the windfall may not benefit the local populations – and maybe even become a curse – is shared by Sub-Saharan African citizens and experts alike.

In 2009 Modern Ghana’s Nana Adjoa Hackmansuggested a 2009 possible solution:

“It is common practice for oil and gas producing countries to negotiate local content agreements with interested IOCs [International Oil Companies] in an attempt to secure for the country a higher share of the value from oil and gas projects. This trend has surfaced as a result of the realization of the poor economic performance of many resource rich countries despite their vast wealth.”

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India y Pakistán Lanzan sus Misiles: ¿Cambia el Escenario o Todo Queda Igual?

El 19 de abril del 2012, India probó con éxito su misil balístico inter-continental (IBCM, por sus siglas en inglés) Agni V [en]. Con un rango de casi 5,000 kilometros, el Agni V coloca la capacidad de misiles de la India casi a la par con los Estados Unidos, Rusia, Reino Unido, Francia y China. A la siguiente semana, el vecino Pakistán probó exitosamente su misil balístico de capacidad nuclear, el Shaheen 1-A.

Estas pruebas de misiles recibieron una amplia cobertura y comentarios en los medios tradicionales así como en los medios sociales. En particular, los internautas han participado en animadas discusiones en internet sobre la escalada de la carrera armamentista en el sur de Asia y su impacto en la seguridad global de la región.

Mientras que muchos internautas en todo India y Pakistán, alimentados con fervor nacionalista, se dedicaban a la hipérbole en relación a los respectivos lanzamientos de misiles, hubo fuertes críticas en la blogosfera paquistaní respecto a la respuesta de los Estados Unidos al lanzamiento de misiles de la India. Etiquetándola como “doble rasero”, Yasmeen Ali, un profesor universitario residente en Lahore, escribió [en] en el blog de Pakpotpourri2:

The Agni V missile being launched off the coast of Odhisa, India, on 19th April, 2022. Image courtesy Indian Defence Research and Development Organisation (DRDO)
El lanzamiento del misil Agni V en la costa de Odhisa, India, el 19 de abril, 2012. Imagen cortesía del Indian Defence Research y la Development Organisation (DRDO)

La necesidad aquí es apoyar a un país dentro de la región para que actúe, o parezca actuar como una fuerza disuasiva ante China. La elección obvia: India. Lo que los EE.UU. habían pasado completamente por alto en este juego de hegemonía regional es que cuando dejas que el genio de la botella salga, se negará a entrar de nuevo en la botella. Puede que un día, se vuelva contra el amo, una vez que el deseo de su corazón de ser soltado se cumpla.

Sin embargo, una parte de los internautas considera que estas pruebas de misiles no van a aumentar las tensiones de seguridad entre la India, China y Pakistán. En su blog Chaturanga, Jaideep Prabhu señaló que la política de la India era adquirir una “fuerza disuasiva mínima creíble” y no escalar una carrera armamentista, tal como se estaba vagamente discutiendo en una parte de los medios.

Él comentó [en]:

El lanzamiento del Agni V dirigido específicamente a China ha generado mucha conversación sobre una carrera armamentista entre China y la India, y, en consecuencia, la India y Pakistán. Los medios de comunicación chinos (y por lo tanto el gobierno) han hecho una excepción a esto, reaccionando agudamente a la prueba y etiquetándola como el engaño de los misiles de la India [en] … Pero a menos que la India haya abandonado su vieja política de MUD (daño mutuamente inaceptable), los analistas y Beijing se han apresurado.

En el blog Rolan San Juan, Rajesh Basrur, un asociado senior y coordinador del Programa de Asia del Sur en la Escuela de Estudios Internacionales (RSIS), S. Rajaratnam, argumentó que [en] el lanzamiento del Agni-V fue “intrascendente” ya que no cambiaría el juego de fuerzas disuasivas que la India tiene con China.

En su artículo en el The Christian Science Monitor, Scott Baldauf se refirió a la cadena de acontecimientos como una “agresión ritual” entre India y Pakistán, una postura más por hábito que por problemas de seguridad reales, sobre todo teniendo en cuenta que los dos países están tratando de desarrollar lazos más cercanos.

Él escribió [en]:

Estas pruebas siguen a una serie extraordinaria de reuniones entre el presidente de Pakistán, Asif Ali Zardari, y el primer ministro indio Manmohan Singh en Nueva Delhi a principios de este mes, en las cuales las dos naciones se comprometieron a aumentar los lazos comerciales y luchar contra el extremismo. Si bien estas pruebas de misiles podrían haber parecido ser un revés en épocas anteriores, ahora se han convertido en una especie de teatro de la virilidad, independiente de cualquier discurso político.

Casi no había grandes preocupaciones de seguridad expresadas en los medios sociales de vecinos como Sri Lanka y Bangladesh.


For further information on the topic, please view the following publications from our partners:

Sino-Pakistan Strategic Entente: Implications for Regional Securityfrom the Institute of South Asian Studies.

The India-Pakistan Security Dilemma: Major Issues and Charting a Viable Role for the United Statesfrom the Institute for National Strategic Studies.

Pakistan-US Relations: A Summaryfrom the Congressional Research Service.


For more information on issues and events that shape our world please visit the ISN’s Security Watch and Editorial Plan.

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Essais de Missiles par l’Inde et le Pakistan : Un Tournant ou de Simples Gesticulations ?

Le 19 avril 2012 l’Inde a réussi l’essai de lancement [en anglais] de son missile balistique intercontinental (ICBM) Agni V. La fusée Agni V, qui a une portée de plus de 5 000 kilomètres, situe le potentiel balistique de l’Inde toujours plus près de celui des États-Unis, de la Russie, du Royaume-Uni, de la France et de la Chine. La semaine suivante, son voisin le Pakistan réussissait l’essai de lancement [en anglais] de son missile balistique, capable de transporter une charge nucléaire, le Shaheen 1-A [en anglais].

Les médias traditionnels et sociaux ont largement traité et commenté ces essais de missiles se répondant coup sur coup. Et les cybercitoyens participent activement, sur Internet, aux débats animés sur le thème de la course aux armements toujours plus intense en Asie du Sud et de ses conséquences pour la sécurité globale de la région.

Alors que de nombreux internautes indiens et pakistanais, pleins de ferveur nationaliste, ont commenté avec emphase leurs lancements de missile respectifs, la blogosphère pakistanaise a fortement critiqué la réaction des États-Unis au lancement de missile effectué par l’Inde. Yasmeen Ali, un universitaire de Lahore, utilise l’expression « deux poids, deux mesures » pour qualifier cette réaction [en anglais], sur le blog Pakpotpourri2 :

The Agni V missile being launched off the coast of Odhisa, India, on 19th April, 2022. Image courtesy Indian Defence Research and Development Organisation (DRDO)
Le missile Agni V lors de son lancement au large d'Odhisa, en Inde, le 19 avril 2012. Photo publiée avec la permission de l'Organisation de Recherche et de Développement de la Défense indienne (DRDO)

Il s’agit ici de soutenir un état de la région pour faire œuvre de dissuasion à l’égard de la Chine, ou pour sembler le faire. Le choix est évident : l’Inde. Ce que les États-Unis ont complètement négligé dans cette partie où se joue l’hégémonie régionale, c’est que quand on laisse le génie sortir de sa bouteille, il refuse d’y retourner. Il peut un jour se retourner contre son maître, une fois son désir d’être libéré réalisé.

Pour certains internautes, cependant, ces essais de missiles ne vont pas accroître les tensions militaires entre l’Inde, la Chine et le Pakistan. Sur son blog Chaturanga, Jaideep Prabhu souligne [en anglais] que la politique poursuivie par l’Inde est d’acquérir une « dissuasion crédible minimale », et pas d’accélérer la course aux armements, comme une partie des médias s’en est fait plus ou moins l’écho :

Le lancement du missile Agni V, qui vise la Chine, a entraîné beaucoup de discussions au sujet de la course aux armements entre la Chine et l’Inde, et par conséquent, entre l’Inde et le Pakistan. Les médias chinois (et donc le gouvernement) s’en sont offusqués, en réagissant durement à l’essai et en le qualifiant d’illusion de l’Inde avec ses missiles [en anglais]… Mais à moins que l’Inde n’ait abandonné sa doctrine de longue date de Dommages Insupportables pour les Deux Parties, les analystes et Pékin se sont précipités.

Sur le blog Roland San Juan, Rajesh Basrur, professeur et coordonnateur du programme Asie du Sud à l’École d’Études Internationales S. Rajaratnam (RSIS), soutient [en anglais] que le lancement d’Agni-V est « sans importance » dans le sens où il ne devrait pas modifier le « jeu de la dissuasion » de l’Inde vis-à-vis de la Chine.

Dans un article sur The Christian Science Monitor, Scott Baldauf parle [en anglais] des événements qui se sont succédés entre l’Inde et le Pakistan comme d’une « agression rituelle », une pose tenant plus de l’habitude que de problèmes de sécurité réels, surtout si l’on considère que les deux pays essaient actuellement de se rapprocher :

Ces essais se produisent après une étonnante série de rencontres, à Delhi au début du mois, entre le président pakistanais Asif Ali Zardari et le Premier Ministre indien Manmohan Singh, au cours desquelles les deux états se sont engagés à développer leurs relations commerciales et à combattre l’extrémisme. Alors que ces lancements de missiles auraient pu auparavant passer pour un échec, ils sont à présent devenus une sorte de théâtre où la virilité se met en scène, sans lien avec le discours politique.

Les médias sociaux des pays voisins que sont le Sri Lanka et le Bangladesh ne se sont faits l’écho de quasiment aucune inquiétude importante pour la paix.


For further information on the topic, please view the following publications from our partners:

Sino-Pakistan Strategic Entente: Implications for Regional Securityfrom the Institute of South Asian Studies.

The India-Pakistan Security Dilemma: Major Issues and Charting a Viable Role for the United Statesfrom the Institute for National Strategic Studies.

Pakistan-US Relations: A Summaryfrom the Congressional Research Service.


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India’s and Pakistan’s Missile Launches: Game Changers or Mere Posturing?

The Agni V missile being launched off the coast of Odhisa, India, on 19th April, 2022. Image courtesy Indian Defence Research and Development Organisation (DRDO).

On April 19th, India successfully test-fired its Agni V inter-continental ballistic missile (IBCM). With a range of over 5000km, the Agni V places India’s missile capabilities increasingly in line with the United States, Russia, United Kingdom, France and China. The following week, neighboring Pakistan successfully test-launched its nuclear capable ballistic missile, the Shaheen 1-A.

These back-to-back missile tests received widespread coverage and comment on mainstream and social media outlets. In particular, netizens have been engaging in lively online discussions regarding the escalating arms race in South Asia and its impact on the overall security of the region.