L’heure du test pour l’Iran

Satellite imagery of suspected Fordo underground uranium enrichment facility in Iran
Satellite imagery of suspected Fordo underground uranium enrichment facility in Iran. Photo: Podknox/flickr.

NEW YORK – L’essentiel du débat sur la manière d’appréhender les efforts de l’Iran vers le développement d’une capacité d’armement nucléaire tourne autour de deux options. La première consiste à s’appuyer sur la dissuasion et à choisir de vivre aux côtés d’un Iran disposant d’un arsenal nucléaire réduit ou d’une capacité à assembler celui-ci sans que nous en soyons informés longtemps à l’avance. La seconde consiste à lancer une intervention militaire préventive destinée à détruire les infrastructures critiques du programme iranien, et de faire reculer sa progression de quelques années.

Une troisième possibilité se dégage cependant désormais, à savoir négocier un plafond sur le programme nucléaire, qui ne se situerait ni trop bas pour le gouvernement iranien, ni trop haut en faveur des États-Unis, d’Israël et du reste de la planète.

En réalité, cette option est à l’étude depuis plusieurs années, et n’en est pas à sa première ronde de négociation. Le contexte est néanmoins différent aujourd’hui. Et les changements de contexte peuvent s’avérer tout à fait déterminants ; en effet, ce qui se produit loin de la table des négociations l’emporte presque toujours sur l’issue des discussions en face-à-face.

La différence de circonstances la plus importante réside dans la détérioration rapide de l’état de l’économie en Iran. Les nombreuses sanctions financières et pétrolières mises en place au cours des derniers mois et années commencent à se faire sentir. Elles avaient à l’origine été prononcées non pas pour entraver de manière directe le programme nucléaire iranien, mais plutôt dans le but alourdir le prix à payer de la part des dirigeants iraniens pour la poursuite de leurs ambitions nucléaires. L’idée initiale (ou plus exactement l’espoir) avait consisté à considérer que le fait de forcer les dirigeants iraniens à faire un choix entre la survie du régime et l’arme atomique conduirait ceux-ci à privilégier la première option.

Ce postulat pourrait bientôt être mis à l’épreuve de la réalité. La monnaie de l’Iran, le rial, s’est effondrée de près de 40% ces dernières semaines, augmentant sévèrement le taux d’inflation du pays ainsi que le coût supporté par les Iraniens pour les importations ainsi que pour de nombreux produits de base. En résultent les premiers signes d’un grave mécontentement de l’opinion publique à l’endroit du régime depuis la répression violente du Mouvement vert en 2009. La classe commerçante iranienne, l’un des piliers d’un establishment clérical aux commandes du pays depuis la révolution de 1979, fait elle aussi des émules.

Plusieurs autres facteurs pourraient également donner leur chance aux négociations. Les bouleversements du monde arabe révèlent en effet combien aucun régime au Moyen-Orient n’est éternel ; s’ils n’en ont pas pris note, c’est que les dirigeants iraniens sont aveugles. Dans son discours de fin septembre aux Nations Unions, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a démontré une volonté de repousser les sanctions à plus tard, au moins jusqu’à l’été 2013. Par ailleurs, un certain nombre de signaux indiquent que les États-Unis, quel que soit le vainqueur de l’élection présidentielle de novembre, pourraient décider de lancer une offensive armée, laquelle engendrerait des destructions potentielles bien plus conséquentes qu’en cas de seule action de la part d’Israël. Encore une fois, il se pourrait que les Iraniens considèrent le compromis comme le moindre des maux auxquels ils sont susceptibles d’être exposés.

Jusqu’à présent, les négociations ont été pour le moins décousues. Le compromis suggéré par les dirigeants iraniens se situe bien loin de ce qu’ils devraient accepter pour éviter une intervention militaire et obtenir un assouplissement des sanctions. Le temps est néanmoins venu de présenter à l’Iran une proposition complète incluant les devoirs du pays et les récompenses en cas d’acceptation de ceux-ci. Il serait également essentiel d’imposer un délai à l’Iran pour l’acceptation d’un tel accord, sans quoi le pays pourrait gagner du temps en faisant s’éterniser les négociations dans le but d’accroître ses capacités nucléaires.

Les modalités précises devront être déterminées, mais ce qui est sûr c’est que l’Iran devra renoncer à la totalité de l’uranium enrichi à 20%, et cesser de l’enrichir à un tel niveau. Le pays devra également accepter un plafond concernant la quantité d’uranium pouvant être détenu ou enrichi à des niveaux inférieurs. Il serait également nécessaire d’imposer des limites quant au nombre de centrifugeuses, ainsi que des dispositions relatives à leur emplacement. Il lui faudrait par ailleurs accepter que soit procédé à des inspections fréquentes et poussées, afin de rassurer le reste du monde quant aux agissements de l’Iran – ou peut-être plus précisément quant à ses non-agissements. En retour, l’Iran pourrait être considérablement soulagé par un retrait des sanctions imposées en réponse à son programme nucléaire.

De plus, il serait nécessaire que les aspects essentiels de cette proposition soient communiqués publiquement. De cette manière, si le régime se montrait hésitant, il lui faudrait alors expliquer à son peuple les raisons pour lesquelles il n’est pas prêt à abandonner son programme d’armement nucléaire malgré une proposition raisonnable des États-Unis non destinée à humilier l’Iran, et qui, si elle était acceptée, constituerait la promesse d’une amélioration considérable du niveau de vie des Iraniens.

Il est possible que le nouveau contexte économique et politique conduise les responsables iraniens à accepter ce à quoi ils ont toujours renoncé jusqu’à présent. En revanche, si le régime demeure au contraire déterminé à poursuivre ses objectifs nucléaires, sans se soucier du prix de cette démarche, nous pourrions alors nous retrouver face à une absence d’alternative aux deux premières options évoquées : procéder à une intervention armée sur les installations iraniennes, ou accepter de vivre aux côtés d’un Iran détenteur de l’arme atomique. Ces scénarios sont évidemment tous deux risqués et coûteux, mais l’opinion publique américaine, en particulier, doit savoir qu’une déclaration de guerre n’interviendra qu’après rejet par l’Iran d’une proposition d’alternative raisonnable aux armes.

Et si la situation venait à se détériorer, il serait bon que les autres gouvernements sachent que la décision des États-Unis et/ou d’Israël d’intervenir par la force n’aura fait que suivre le refus par l’Iran d’une proposition qui lui eût permis de sortir de cette situation sans perdre la face. Ceci faciliterait le maintien de la pression économique sur l’Iran au lendemain d’une éventuelle attaque.

Le fait de rendre publique la situation se justifie pour une autre raison : le peuple iranien doit savoir qu’une attaque sur son pays ne serait que la conséquence du comportement du régime. Cette prise de conscience permettrait de couper court à toute réaction patriotique accompagnée d’un refus d’envisager un changement de régime.

Nous avons tendance à envisager la diplomatie comme un exercice mené dans le secret ; il est pourtant parfois préférable qu’elle s’exerce au grand jour. C’est le cas aujourd’hui. Chaque seconde compte désormais ; il est nécessaire que la diplomatie agisse au plus vite si elle n’entend pas être dépassée par la marche de l’Iran vers l’arme atomique – laquelle entraînerait avec elle une marche vers le conflit.

Traduit de l’anglais par Martin Morel
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Richard N. Haass est président du Conseil des relations étrangères. Son prochain ouvrage, intitulé Foreign Policy Begins at Home: The Case for Putting America’s House in Order, devrait être publié au printemps.

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Israel: Possible Military Strike Against Iran’s Nuclear Facilities

The Iranian Nuclear Imbroglio and the NAM Summit

Iran’s Nuclear Program: Tehran’s Compliance with International Obligations


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أوان اختبار إيران

Satellite imagery of suspected Fordo underground uranium enrichment facility in Iran
Satellite imagery of suspected Fordo underground uranium enrichment facility in Iran. Photo: Podknox/flickr.

نيويورك ــ إن أغلب النِقاش الدائر حول كيفية التعامل مع محاولات إيران الرامية إلى تطوير قدراتها في مجال تصنيع الأسلحة النووية يركز على خيارين. الأول يتلخص في الاعتماد على الردع والتعايش مع إيران التي تمتلك ترسانة نووية صغيرة أو القدرة على تجميع السلاح النووي في فترة قصيرة. ويدور الخيار الثاني حول شن ضربة عسكرية وقائية تهدف إلى تدمير الأجزاء الحرجة من البرنامج الإيراني وعرقلة التقدم الذي أحرزته إيران بما يقدر بنحو عامين أو أكثر.

ولكن الآن ظهر خيار ثالث: التفاوض على سقف للبرنامج النووي، على ألا يكون هذا السقف منخفضاً بدرجة كبيرة بالنسبة لحكومة إيران أو مرتفعاً بدرجة أعلى مما ينبغي بالنسبة للولايات المتحدة، وإسرائيل، وبقية العالم.

الواقع أن هذا الخيار كان متاحاً لسنوات ــ وفي جولات عِدة من المفاوضات. ولكن ما تغير هو السياق. وأي تغيير في السياق قد يكون حاسما؛ بل إن ما يجري بعيداً عن طاولة المفاوضات يكاد يحدد في كل الأحوال تقريباً نتيجة المحادثات المباشرة.

ويتمثل أكثر التغيرات التي طرأت على السياق أهمية في تدهور الاقتصاد الإيراني بسرعة كبيرة. فقد أصبحت العقوبات المالية والمرتبطة بالنفط التي تم تنفيذها في الأشهر والسنوات الماضية موجعة إلى حد كبير. فهذه العقوبات ليست مصممة لعرقلة البرنامج النووي الإيراني بشكل مباشر، بل إنها تهدف إلى تضخيم الثمن الذي يتعين على زعماء إيران أن يتكبدوه نظير إصرارهم على ملاحقة طموحاتهم النووية. وكانت الفكرة (أو بدقة أكبر الأمل) تتلخص في أن الزعامات الإيرانية سوف تختار البقاء إذا اضطرت إلى الاختيار بين بقاء النظام أو امتلاك الأسلحة النووية.

وقريباً قد تخضع هذه الفرضية للاختبار في العالم الحقيقي. ففي الأسابيع الأخيرة انخفضت قيمة الريال الإيراني بنسبة 40% تقريبا، الأمر الذي أدى إلى زيادة حادة في معدل التضخم في إيران، فضلاً عن تكاليف الاستيراد والعديد من السلع الأساسية. وكانت النتيجة ظهور أول علامات الاستياء الشعبي من النظام منذ القمع العنيف للحركة الخضراء في عام 2009. والآن تبدي تذمرها أيضاً فئة التجار، التي كانت بمثابة إحدى أهم ركائز المؤسسة الدينية الحاكمة التي حكمت البلاد منذ ثورة 1979.

وهناك عوامل أخرى قد تمنح المفاوضات فرصة حقيقية. فالاضطرابات في العالم العربي تشير إلى أن أي نظام في الشرق الأوسط لم يعد محصنا؛ ولابد أن يكون زعماء إيران في غيبوبة إذا لم يدركوا هذه الحقيقة. في خطابه الذي ألقاه في الأمم المتحدة في أواخر سبتمبر/أيلول، أشار رئيس الوزراء الإسرائيلي بنيامين نتنياهو إلى استعداد إسرائيل لإعطاء العقوبات المزيد من الوقت، إلى صيف عام 2013 على الأقل. وهناك علامات تشير إلى أن الولايات المتحدة قد تأخذ على عاتقها تنفيذ ضربة عسكرية، أياً كان الفائز بانتخابات نوفمبر/تشرين الثاني الرئاسية، وهذا يعني قدراً من الدمار أعظم كثيراً من الدمار الذي قد تحدثه عملية عسكرية من جانب إسرائيل إذا تحركت بمفردها. ومرة أخرى، قد ينظر الإيرانيون إلى الحل الوسط باعتباره أقل التهديدات التي تواجههم خطرا.

حتى الآن كانت المفاوضات عشوائية ومتقطعة في أحسن تقدير. والحل الوسط الذي يقترحه المسؤولون الإيرانيون لا يقترب حتى مما كانوا ليقبلوا به في نظير تجنب العمل العسكري وتخفيف العقوبات. ولكن الوقت حان الآن لتقديم حزمة شاملة لإيران ــ ماذا ينبغي لها أن تقوم به والمكافأة التي ستحصل عليها في المقابل. ومن الأهمية بمكان أيضاً تحديد موعد نهائي لقبول إيران لمثل هذا الاتفاق، خشية أن تستغل فرصة المزيد من المفاوضات لكسب الوقت في تحسين قدراتها النووية.

ولابد من تحديد شروط دقيقة محكمة في كل الأحوال، ولكن إيران لابد أن تتخلى عن كل اليورانيوم الذي خصبته بنسبة 20%، وأن تتوقف عن التخصيب إلى هذا المستوى. ويتعين عليها أيضاً أن تقبل تحديد سقف لكم اليورانيوم الذي يمكنها معالجته أو تخصيبه إلى مستويات أدنى. وقد يكون من الضروري أيضاً تحديد عدد أجهزة الطرد المركزي ومواقعها. ولابد أن تكون عمليات التفتيش متكررة ومفاجئة من أجل طمأنة العالم الخارجي إلى ما تقوم به إيران ــ أو ربما ما لا تقوم به. وفي المقابل، تحصل إيران على تخفيف كبير للعقوبات المفروضة عليها نتيجة لبرنامجها النووي.

وعلاوة على ذلك، لابد أن تكون عناصر الاتفاق الأساسية علنية. وبهذا الطريقة، إذا تراجع النظام فسوف يكون لزاماً عليه أن يفسر لشعبه سبب عدم استعداده للتخلي عن برنامج الأسلحة النووية، على الرغم من المقترحات الأميركية المعقولة التي لم تكن مصممة لإذلال إيران، والتي كانت لتعد في حال قبولها بتحسن كبير في مستويات معيشة الإيرانيين.

من المحتمل أن يدفع السياق الاقتصادي والسياسي الجديد حكام إيران إلى قبول ما رفضوه حتى الآن. ومن ناحية أخرى، إذا ظل النظام مصمماً على ملاحقة أهدافه النووية، بصرف النظر عن التكاليف، فسوف يتبين لنا بوضوح عدم وجود أي بديل للخيارين الأولين: فإما مهاجمة المنشآت الإيرانية أو التعايش مع إيران المسلحة نوويا. والواقع أن الخيارين مكلفان ومحفوفان بالمخاطر، ولكن الرأي العام في الولايات المتحدة بشكل خاص لابد أن يدرك أن إيران هي التي رفضت البديل المعقول للحرب قبل أن تبدأ.

وإذا جد الجد، فسوف يكون من صالح الحكومات الأخرى أن تعرف أن الولايات المتحدة و/أو إسرائيل لم تقرر الهجوم إلا بعد أن عرضت على إيران مخرجاً يحفظ لها ماء وجهها. وهذا من شأنه أن يقلل من صعوبة مواصلة الضغوط الاقتصادية على إيران في أعقاب أي هجوم.

والتعامل العلني مع الأمر تصرف معقول ومنطقي لسبب آخر: إذ يتعين على الشعب الإيراني أن يعلم أن أي هجوم تتعرض له بلاده فهو هجوم جلبته على نفسها إلى حد كبير. وقد يساعد هذا الإدراك في إخراس أي محاولات “للحشد الوطني”، وبالتالي فلا نستبعد احتمالات تغيير النظام في المستقبل.

نحن نميل إلى التفكير في الدبلوماسية باعتبارها أموراً تجري في طي الكتمان؛ ولكن في بعض الأحيان قد يكون من الأفضل أن تخرج إلى العلن. وهذه لحظة تستلزم العلن. ولكن الوقت عنصر بالغ الأهمية؛ ويتعين على الدبلوماسية أن تتحرك بسرعة أكبر خشية أن تسبقها إيران في مسيرتها نحو تصنيع السلاح النووي ــ ومعها المسيرة إلى الصراع والشقاق.

ترجمة: هند علي          Translated by: Hend Ali

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ريتشارد ن. هاس رئيس مجلس العلاقات الخارجية. ومن المنتظر أن يصدر كتابه القادم، “السياسة الخارجية تبدأ من الداخل: الحجة لترتيب أوضاع البيت الأميركي”، في الربيع.

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Es hora de poner a prueba a Irán

Satellite imagery of suspected Fordo underground uranium enrichment facility in Iran
Satellite imagery of suspected Fordo underground uranium enrichment facility in Iran. Photo: Podknox/flickr.

NUEVA YORK – El debate sobre cómo hacer frente a los intentos de Irán de desarrollar una capacidad de fabricación de armas nucleares se centra más que nada en dos opciones. La primera es confiar en el poder de disuasión y resignarse a convivir con un Irán que posea un pequeño arsenal nuclear o la capacidad de crearlo con poco preaviso. La segunda es lanzar un ataque militar preventivo para destruir componentes críticos del programa iraní y de ese modo retardar su avance (las estimaciones indican que se lo podría demorar por al menos unos dos años).

Pero ahora existe una tercera opción: negociar un tope máximo para el programa nuclear, que no sea demasiado bajo para el gobierno iraní ni demasiado alto para Estados Unidos, Israel y el resto del mundo.

En realidad, esa opción existe hace años y se la discutió en diversas rondas de negociaciones. La diferencia es que ahora cambió el contexto. Y los cambios al contexto pueden ser determinantes; de hecho, el resultado de las conversaciones formales casi siempre depende de lo que sucede lejos de la mesa de negociación.

De estos cambios actuales, el más importante es el empeoramiento cada vez más veloz de la economía iraní. Durante los últimos meses y los últimos años se han implementado en relación con las actividades financieras y petroleras de Irán muchas sanciones que ahora comienzan a hacer efecto. El propósito de esas sanciones no era impedir directamente el programa nuclear de Irán, sino aumentar el precio que sus líderes tienen que pagar para perseguir sus ambiciones nucleares. El razonamiento (o, mejor dicho, la esperanza) era que la dirigencia iraní, puesta a elegir entre la supervivencia del régimen y la posesión de armas nucleares, optara por lo primero.

Esta hipótesis tal vez pronto se pueda poner a prueba. En las últimas semanas, la moneda iraní, el rial, se ha depreciado alrededor de un 40%, lo que produjo un veloz aumento de la tasa de inflación de Irán y del precio que los iraníes deben pagar por sus importaciones y por la compra de muchos productos básicos. Como resultado, comienzan a verse las primeras señales de descontento popular serio contra el régimen desde la violenta represión del Movimiento Verde en 2009. Y también la clase comerciante iraní, uno de los pilares del establishment clerical que gobierna el país desde la revolución de 1979, da muestras de malhumor.

Hay además otros factores que tal vez impliquen una oportunidad real para las negociaciones. Los levantamientos en el mundo árabe muestran que ningún régimen de Oriente Próximo está blindado, y los líderes iraníes tendrían que estar ciegos para no darse cuenta. En su discurso de fines de septiembre ante las Naciones Unidas, el primer ministro israelí Benjamín Netanyahu manifestó disposición a dar más tiempo a las sanciones, al menos hasta el verano (boreal) de 2013. Y hay señales de que, independientemente de quién gane la elección presidencial de noviembre, Estados Unidos está dispuesto a lanzar un ataque militar, y si lo hace, la capacidad de destrucción sería mucho mayor que si Israel iniciara una acción individual. En vista de todo esto, puede ser que los iraníes consideren que hacer concesiones sea el menor de los males a los que se enfrentan.

Hasta ahora, lo menos que se puede decir de las negociaciones es que han sido erráticas. La oferta que sugieren los funcionarios iraníes no es nada comparada con las concesiones que deberían hacer para evitar una acción militar y obtener una flexibilización de las sanciones. Pero ahora es momento de presentar a Irán un paquete completo, que le diga qué debe hacer y cuál será la recompensa si lo hace. Además, sería fundamental ponerle a Irán un plazo para que acepte el acuerdo, para que no pueda usar una extensión de las negociaciones como forma de ganar tiempo para mejorar sus capacidades nucleares.

Los términos precisos del acuerdo habría que definirlos, pero por lo menos se debería exigir a Irán que detenga cualquier actividad de enriquecimiento de uranio hasta el 20% y entregue el material fisible que ya haya alcanzado ese grado. También debería aceptar un tope máximo para la cantidad de uranio que podrá poseer o enriquecer a grados inferiores. Y quizá sea necesario fijar límites a la cantidad de centrifugadoras y a los sitios de instalación permitidos. Se deberían realizar inspecciones frecuentes e intrusivas, para darle al mundo exterior garantías respecto de lo que Irán hace (o, lo que es más importante, lo que no hace). A cambio, Irán encontraría un alivio sustancial para sus dificultades, gracias a la eliminación de las sanciones impuestas en respuesta a su programa nuclear.

Además, los elementos esenciales de la propuesta se deberían hacer públicos. De ese modo, si el régimen se niega a cooperar, tendrá que explicarle a su propio pueblo por qué no esta dispuesto a abandonar su programa de armas nucleares, a pesar de existir una propuesta razonable por parte de Estados Unidos que no busca humillar a Irán y que, en caso de ser aceptada, garantizaría una mejora sustancial de la calidad de vida de los iraníes.

Es posible que el nuevo contexto económico y político lleve a los gobernantes iraníes a aceptar lo que hasta ahora han rechazado de plano. Si, por otra parte, el régimen sigue determinado a perseguir sus metas nucleares a cualquier costo, entonces sabremos que no hay más alternativa que adoptar alguna de las dos primeras opciones: atacar las instalaciones iraníes o convivir con un Irán provisto de armas nucleares. Ambas posibilidades son potencialmente arriesgadas y costosas, pero es particularmente importante que en caso de iniciarse una guerra, la opinión pública de Estados Unidos sepa de antemano que había una alternativa razonable para evitarla y que el que la rechazó fue Irán.

Además, si Estados Unidos y/o Israel lanzaran un ataque, sería bueno que el resto del mundo sepa que antes de tomar esa decisión ofrecieron a Irán una salida honrosa. De ese modo, será menos difícil mantener la presión económica sobre Irán después del ataque, si llega a producirse.

Hay también otro motivo para publicitar los términos del acuerdo: el pueblo iraní debe saber que cualquier ataque contra el país será en gran medida producto de sus propias acciones. Esto ayudará a evitar que, llegado el caso, la reacción de la población sea cerrar filas en torno de sus gobernantes y haya que descartar la opción de un cambio de régimen.

Suele pensarse que la diplomacia se hace en secreto, pero a veces el mejor modo de esconderse es a la vista de todos. Y estamos ante una de esas ocasiones. Pero en este caso, la velocidad es esencial: la diplomacia tendrá que acelerar para que no la supere la marcha de Irán hacia la bomba atómica (y con ella, la marcha hacia el conflicto).

Traducción: Esteban Flamini

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Richard N. Haass es presidente del Consejo de Relaciones Exteriores de los Estados Unidos. Su próximo libro, cuya publicación está prevista para la primavera boreal, es Foreign Policy Begins at Home: The Case for Putting America’s House in Order [La política exterior empieza en casa: por qué Estados Unidos debe ordenar sus asuntos internos].

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Uniting Syria

Syrian protesters in front of the Syrian embassy in Cairo
Syrian protesters in front of the Syrian embassy in Cairo. Photo: Maggie Osama/flickr.

BERLIN – Syrian opposition activists regularly express disappointment with the level of international support that they receive. Although the last meeting of the so-called “Friends of Syria” (a group of countries that convenes periodically to discuss Syria’s situation outside of the United Nations Security Council) brought more financial aid, the degree of genuine outside commitment to their cause remains questionable.

The United States, the European Union, Turkey, and most Arab countries agree that Syrian President Bashar al-Assad’s regime is no longer legitimate. They have intensified sanctions against the government, and have provided different kinds of support to opposition groups. Some states have delivered automatic weapons, ammunition, and rocket-propelled grenades. But arms deliveries have dried up, and the rebels’ pleas for anti-aircraft weapons remain unanswered.

توحيد سوريا

Syrian protesters in front of the Syrian embassy in Cairo
Syrian protesters in front of the Syrian embassy in Cairo. Photo: Maggie Osama/flickr.

برلين ــ يُعرِب الناشطون في المعارضة السورية على نحو منتظم عن خيبة أملهم إزاء مستوى الدعم الدولي الذي يتلقونه. ورغم أن الاجتماع الأخير لما يسمى “أصدقاء سوريا” (مجموعة من  الدول التي يجتمع ممثلوها بشكل دوري لمناقشة الوضع في سوريا خارج نطاق مجلس الأمن التابع للأمم المتحدة) جلب المزيد من المساعدات المالية، فإن درجة الالتزام الحقيقي في الخارج بالقضية تظل موضع تساؤل وشك.

إن الولايات المتحدة، والاتحاد الأوروبي، وتركيا، وأغلب الدول العربية تتفق على أن نظام الرئيس بشار الأسد في سوريا لم يعد شرعيا. ولقد كثفت هذه الدول العقوبات ضد الحكومة، كما قدمت أنواعاً مختلفة من الدعم لجماعات المعارضة. وبعض الدول قدمت أسلحة آلية وذخائر وقذائف صاروخية. ولكن معين الأسلحة نضب، وتظل توسلات الثوار طلباً للأسلحة المضادة للطائرات بلا إجابة.

علاوة على ذلك فإن لا الدول المجاورة لسوريا ولا الحكومات الغربية على استعداد للتدخل عسكريا. بل إنها على الرغم من تعبيرها عن التضامن رفضت إقامة منطقة حماية للمدنيين السوريين على طول الحدود مع الدول المجاورة، أو فرض منطقة حظر جوي لردع الطائرات العسكرية السورية. ونتيجة لهذا فإن جماعات المعارضة السورية تعتقد أنها تُرِكَت في مواجهة نظام الأسد الوحشي وحدها.

ولكن يتعين على المعارضين السوريين أن يدركوا أن الافتقار إلى العمل الدولي الحاسم لا يرجع فقط إلى استخدام روسيا والصين لحق النقض ضد أي إجراء حقيقي في مجلس الأمن، أو عزوف دول منظمة حلف شمال الأطلسي عن الدخول في حرب أخرى في المنطقة. الواقع أن المجتمع الدولي ينتظر من المعارضة غير المنظمة في سوريا أن تحول نفسها إلى قوة متماسكة فعّالة، بقدر ما تنتظر المعارضة تحرك المجتمع الدولي. وهذا يستلزم تشكيل أرضية مشتركة تمثل كل المجموعات ذات الصلة، بما في ذلك لجان التنسيق المحلية، واتحاد منسقي الثورة السورية، والمجلس العسكري للجيش السوري الحر.

لا شك أن الثوار أحرزوا بعض التقدم. فقد أسسوا أربعة مجالس عسكرية إقليمية، وهو ما ساعد في ترسيخ زعامتهم وتوطيد سيطرتهم على مساحات كبيرة من البلاد، وخاصة بالقرب من الحدود التركية.

ورغم ذلك فإن المعارضة السورية فشلت حتى الآن في تقديم نفسها كجهة فاعلة موحدة. وهو أمر يبعث على الدهشة إذا ما علمنا أن شخصيات مؤثرة وتحظى باحترام كبير وأحزاباً سياسية كانت تتحدث باسم المعارضة في المحافل الدولية.

فالمجلس الوطني السوري على سبيل المثال يضم العديد من مثل هذه الشخصيات، ولقد تمكن من الحصول على الدعم المادي من عدة دول. ولكنه ليس شاملاً بالقدر الكافي للعمل بوصفه الممثل الوحيد للمعارضة السورية. وكانت المحاولات الرامية إلى توسيع المجلس الوطني السوري غير ناجحة، نظراً للتحفظات التي أعربت عنها بعض المجموعات المهمة، مثل المنتدى الديمقراطي، بشأن الانضمام إلى منظمة تعتمد على رعاة أجانب.

إن المعارضة السورية تحتاج إلى إنشاء منظمة جامعة مقبولة من الجميع، بما في ذلك الزعماء المدنيين والعسكريين الذين فرضهم الأمر الواقع والذين ظهروا محلياً على مدى العام ونصف العام الماضيين. وتسعى هذه المجموعات بالفعل إلى تحقيق هدف مشترك ــ إسقاط نظام الأسد ــ وأغلبها (باستثناءات قليلة لجماعات مسلحة متشددة) تأمل في بناء دولة سلمية شاملة وديمقراطية.

ولقد اقترحت شخصيات معارضة مؤثرة ــ مثل البرلماني والسجين السابق رياض سيف، وزعيم المجلس الوطني السوري السابق برهان غليون ــ تبني استراتيجيات واعدة لتشكيل مثل هذه المنظمة الجامعة. على سبيل المثال، بوسع “مجموعة من الحكماء” الذين لا يسعون إلى الحصول على مناصب سياسية أن يتولوا الإشراف على إنشاء مجلس مؤقت يشمل كل المجموعات والائتلافات السياسية المعنية، والمجالس العسكرية، ومجتمع الأعمال، والزعماء الدينيين.

ولكن مثل هذه الخطط لم تتحقق بسبب غياب الثقافة التعاونية. ولأن السوريين كانوا خاضعين لنظام استبدادي عميق، فإن حتى هؤلاء الذين يكافحون من أجل إرساء نظام ديمقراطي يفتقرون إلى الخبرة في فن بناء التحالفات. ولم يتسن للساسة المحتملين قط قياس شعبيتهم في منافسات ديمقراطية. ونتيجة لهذا فإن عدداً ليس بالقليل منهم يبالغون في تقدير نفوذهم الفعلي ويميلون إلى المنافسة على الزعامة وليس التعاون.

لا أحد يطالب زعماء المعارضة بكنس خلافاتهم السياسية تحت البساط من أجل الحصول على دعم المجتمع الدولي. بل يتعين عليهم ببساطة أن يعملوا على إنشاء هيئة مشتركة تتقبلها كل المجموعات العاملة على الأرض، كما فعلت المعارضة الليبية عندما أنشأت المجلس الوطني الانتقالي.

وبعد هذا، ينبغي لهم أن يقيموا سلطة شرعية داخل سوريا قادرة على إدارة المناطق المحررة، وتوزيع المساعدات، وتقديم الخدمات للمدنيين. وبوسع هذه السلطة الانتقالية أن تدعو المجتمع الدولي إلى توفير الدعم المطلوب بسهولة أكبر مقارنة بأي مجموعة من المتمردين في المنفى.

إن الثورة السورية تمثل في الأساس تمرداً مدنياً سياسياً ضد الدكتاتورية ــ وهي تعمل تدريجياً على حل وتفكيك نظام الأسد. ويتعين على المعارضة أن تبدأ بوضع الأساس لنظام جديد يقوم على الوحدة والتعاون. وإلا فإن المجموعات الأصغر من المقاتلين المسلحين ــ والمدعومة، أو حتى المستغلة من قِبَل أطراف خارجية ــ سوف تحدد مستقبل سوريا.

ترجمة: إبراهيم محمد علي

 Translated by: Ibrahim M. Ali  

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فولكر بيرتس رئيس مجلس إدارة ومدير مؤسسة العلوم والسياسة، المعهد الألماني للشؤون الدولية والأمنية في برلين.

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