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Le perpétuel discours anti-américain de la Bolivie serait-il en train de nuire à ses relations diplomatiques ?

Image from presidenciaecuador/Flickr.
Image from presidenciaecuador/Flickr.

Au cours de la dernière décennie, les rapports de force ont changé en Amérique du Sud. L’hégémonie exercée par les États-Unis pendant la deuxième moitié du XXème siècle a été remise en question, principalement par l’ émergence du Brésil mais également par certaines initiatives politiques menées par des gouvernements de gauche, tels que celui de la Bolivie.

Malgré sa petite taille, ce pays enclavé au cœur du continent sud américain s’est montré être un fervent partisan des initiatives anti-nord-américaines depuis 2006, année où le Président Evo Morales, leader indigène, politiquement à gauche, représentant syndical des cultivateurs de coca, a été démocratiquement élu.

Raul Prada Alcoreza, un ancien membre du parti du Président Morales, décrit dans son blog [espagnol] le contexte diplomatique au tout début de l’année 2006 :

“Una gran legitimidad sostenía al flamante gobierno y al presidente indígena. También se gozaba de una gran simpatía internacional. En la cancillería se comenzó a trabajar en la perspectiva de una diplomacia indígena, que descolonice nuestras relaciones con los países en el mundo diplomático, también se comenzó a trabajar en la diplomacia de los pueblos, una idea del presidente que abría la posibilidad de que los mismos pueblos intervengan efectivamente en las relaciones entre los países, dejando de tratarse de relaciones sólo entre estados. Todo parecía augurar un proceso continuo de cambio.”

Le gouvernement flambant neuf et son président indigène ont tous deux joui d’une forte légitimité, ainsi que d’une grande sympathie internationale. Le ministère des Affaires étrangères a commencé à travailler à une diplomatie indigène, d’une part, décolonisant nos relations avec les autres pays sur le plan diplomatique, et d’autre part, à une “diplomatie des peuples”, une idée du président qui donnait la possibilité aux peuples d’intervenir eux-mêmes de manière effective dans les relations entre pays, mettant fin aux relations entre États uniquement. Tout ceci semblait annoncer un processus continu de changement.

Tout au long de ses deux mandats consécutifs, Morales a adopté un programme « anticolonialisme » ciblant directement les politiques des États-Unis. Le Président bolivien a fortement critiqué le « capitalisme occidental » et favorisé les relations avec d’autres gouvernements ouvertement anti-nord-américains de la région, comme le Venezuela, Cuba, l’Équateur et l’Argentine.

En outre, la Bolivie a donné la priorité au renforcement des forums et des mécanismes politiques échappant à l’influence des États-Unis. L’Union des Nations sud-américaines (UNASUR) [espagnol], l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) ainsi que la toute récente Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC) constituent toutes les trois des initiatives concurrentes de l’Organisation des États américains (OAS), dirigée par les États-Unis.

À ce programme anti-états-unien, il convient d’ajouter que la dimension internationale de la Bolivie est principalement définie par trois aspects stratégiques : le problème de la coca et de la cocaïne, les exportations de gaz au Brésil et en Argentine, et un accès à l’océan Pacifique, trois problèmes auxquels le pays n’a pu apporter de réponse satisfaisante.

De plus, les relations bilatérales entre la Bolivie et le Brésil ne sont plus ce qu’elles étaient du temps où Lula da Silva tenait les rênes du pouvoir à Brasilia. Une impasse diplomatique [anglais] demeure irrésolue entre les deux gouvernements depuis que Roger Pinto, ancien sénateur bolivien et membre de l’opposition, a demandé asile auprès de l’ambassade du Brésil à La Paz après avoir été accusé de corruption par le gouvernement bolivien. Auparavant, Roger Pinto avait révélé des preuves montrant que des hauts gradés négociaient avec des de la drogue en Bolivie. En dépit de l’opposition de la Bolivie, le gouvernement brésilien a accordé l’asile à Roger Pinto.

La ministre des Communications bolivienne, Amanda Davila, insiste sur le fait que les relations diplomatiques entre les deux pays n’ont pas été affectées [espagnol], bien qu’un nombre important de questions restent en suspens, telles que celle des intérêts brésiliens concernant la route qui devrait traverser le Parc national TIPNIS. En revanche, une récente amélioration dans les relations [anglais] entre la Bolivie et l’Iran a été critiquée par Washington et Brasilia. Des liens plus étroits entre La Paz et Téhéran ne font qu’accroître les préoccupations autour des politiques boliviennes anti-nord-américaines : ces dernières compromettent non seulement ses relations avec le Brésil mais aussi son statut dans les organisations politiques de la région.


For further information on the topic, please view the following publications from our partners:

The Politics of Evo Morales’ Rise to Power in Bolivia: The Role of Social Movements and Thinks Tanksfrom the Overseas Development Institute (ODI), London, United Kingdom.

Re-engaging Latin America’s Left? US Relations with Bolivia and Ecuador from Bush to Obamafrom the Peace Research Institute Frankfurt (PRIF), Frankfurt am Main, Germany.

The Media Activism of Latin America’s Leftist Governments: Does Ideology Matter?from German Institute of Global and Area Studies (GIGA), Hamburg, Germany.


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