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Japan’s Obama Problem

Photo: US Federal Government/Wikimedia Commons.

TOKYO – When Japanese Prime Minister Shinzo Abe visited Tokyo’s controversial Yasukuni Shrine last month, Chinese leaders predictably condemned his decision to honor those behind “the war of aggression against China.” But Abe was also sending a message to Japan’s main ally and defender, the United States. Faced with US President Barack Obama’s reluctance to challenge China’s muscle-flexing and territorial ambitions in Asia – reflected in Japan’s recent split with the US over China’s new Air Defense Identification Zone (ADIZ) – an increasingly desperate Abe was compelled to let both countries know that restraint cannot be one-sided.

For China and South Korea, the Yasukuni Shrine’s inclusion of 14 Class A war criminals who were executed after World War II has made it a potent symbol of Japan’s prewar militarism, and Abe had long refrained from visiting it – including during his previous stint as prime minister. He may well have maintained that stance had China not established the ADIZ, which set an ominous new precedent by usurping international airspace over the East China Sea, including areas that China does not control. (Abe does not appear to have considered the possibility that his pilgrimage to Yasukuni might end up helping China by deepening South Korea’s antagonism toward Japan.)

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Le Japon et les dangers du rééquilibrage américain en Asie

Photo: US Federal Government/Wikimedia Commons.

TOKYO – Comme on pouvait s’y attendre, y voyant un hommage à ceux qui étaient derrière “la guerre d’agression contre la Chine”, les dirigeants chinois ont condamné la visite le mois dernier du Premier ministre Shinzo Abe au sanctuaire controversé de Yasukuni à Tokyo. Mais confronté à la réticence du président Obama à réagir à l’attitude menaçante de la Chine et à ses ambitions territoriales en Asie – comme le montrent les réactions opposées du Japon et des USA face à la nouvelle Zone d’identification de défense aérienne (ADIZ) décrétée par la Chine – Abe a également voulu par sa visite adresser un message aux USA, le principal allié et défenseur du Japon. Se sentant acculé, il voulait leur signifier, ainsi qu’à la Chine, que la modération ne peut être unilatérale.

Pour la Chine et la Corée du Sud, la présence dans le sanctuaire de Yasukuni de 14 criminels de guerre exécutés après la Deuxième Guerre mondiale fait de ce lieu un symbole fort du militarisme japonais dans la période qui a précédé la guerre. Aussi pendant longtemps Abe s’est-il abstenu de s’y rendre (notamment lors de son précédent mandat en tant que Premier ministre). Il aurait probablement maintenu cette attitude si la Chine n’avait créé un fâcheux précédent en établissant une ADIZ au-dessus de la mer de Chine orientale, dans l’espace aérien international et dans des zones dont le contrôle ne lui revient pas. Abe ne semble pas avoir envisagé que son pèlerinage à Yasukuni puisse aider la Chine à renforcer l’hostilité de la Corée du Sud à l’égard de son pays.

Le gouvernement d’Obama a fait pression sur Abe pour qu’il n’exacerbe pas les tensions régionales en se rendant à Yasukuni – une demande réitérée récemment par le vice-président Joe Biden lors d’une escale à Tokyo en route vers Pékin. La visite en Chine de Biden a accru les inquiétudes japonaises concernant la sécurité, car elle soulignait le désir des USA de rééquilibrer leurs relations en Asie de l’Est, même s’il leur faut tolérer pour cela l’expansionnisme chinois comme l’équivalent stratégique de leur alliance avec le Japon.

Au lieu de suspendre le déplacement de Biden à Pékin en signe de désapprobation à l’égard de la nouvelle Zone d’identification de défense aérienne décrétée par la Chine, les USA ont demandé à leurs compagnies aériennes de la respecter, alors que le Japon a demandé aux siennes de l’ignorer et de ne pas transmettre à la Chine leurs plans de vols dans la zone. En appelant les Japonais à la modération, les USA ont alimenté leur inquiétude, sans obtenir une quelconque concession de la part de la Chine.

Le fossé croissant entre les USA et le Japon est maintenant apparent. Abe estime qu’Obama le laisse tomber en ne prenant pas une position ferme sur la Zone d’identification de défense aérienne – la dernière d’une série de provocations chinoises pour mettre fin au statu quo en mer de Chine orientale. Pour leur part, de manière inhabituelle, les USA ont ouvertement critiqué la visite d’Abe à Yasukuni, leur ambassade au Japon publiant une déclaration exprimant leur déception de constater qu’il “a entrepris une action qui exacerbera les tensions avec les voisins du Japon”.

Ce genre de protestation ne signifie pas que l’alliance américano-nipponne, le pilier de l’extension du déploiement militaire américain en Asie, est en danger immédiat. Le Japon reste un allié modèle qui abrite une présence militaire américaine importante et va jusqu’à payer l’entretien des forces américaines sur son sol. La visite d’Abe à Yasukuni a eu lieu un jour seulement après qu’il soit parvenu à un accord bilatéral pour déplacer la base aérienne américaine d’Okinawa vers une zone moins peuplée de l’île, à l’issue de tractations longues et difficiles. Abe est également favorable à la participation du Japon au Partenariat transpacifique, un bloc commercial régional émergent qui n’inclut pas la Chine.

Néanmoins le fossé psychologique entre les gouvernements Abe et Obama s’est creusé peu à peu. Tandis que les USA s’inquiètent de la posture nationaliste du Japon vis à vis de la Chine et de la Corée du Sud, les dirigeants nippons ne cachent plus leur inquiétude face à la stratégie politique d’Obama qui cherche un nouvel équilibre entre son engagement à l’égard du Japon et son désir d’améliorer les relations sino-américaines. Biden a passé deux fois plus de temps à discuter avec le président chinois Xi Jinping qu’avec Abe.

Il est paradoxal de constater que si l’inquiétude engendrée par le durcissement de la position chinoise a ramené les USA au centre du jeu géopolitique asiatique et favorisé le renforcement de leurs alliances de sécurité dans la région, cela n’a pas conduit à des mesures destinées à modérer l’expansionnisme chinois. C’est pourquoi le Japon est maintenant sceptique quant à la volonté américaine de le défendre militairement en cas d’attaque chinoise contre les îles Senkaku (appelées Diaoyu par la Chine) qui sont sous son contrôle. Les déclarations contradictoires du gouvernement américain affirmant que le traité de sécurité américano-nippon couvre ces îles tout en refusant de prendre position sur leur souveraineté renforcent ce scepticisme.

La passivité d’Obama en 22012 lorsque la Chine a fait acte de présence au-dessus des fonds marins de Scarborough dans la zone économique exclusive des Philippines a servi de réveil pour le Japon. Pour essayer de mettre fin à un face à face tendu, les USA ont négocié un accord entre les deux pays qui acceptaient de retirer leurs navires de la zone. Mais après le retrait philippin de la zone, la Chine y a réinstallé des navires, et malgré le traité de défense mutuelle entre les USA et les Philippines, les USA n’ont guère réagi. Enhardie, la Chine s’est installée sur une autre zone marine revendiquée par les Philippines, située dans les îles Spratley qui sont l’objet d’une dispute territoriale.

Des paramètres tels que la distance géographique et l’interdépendance économique font que les USA sont réticents à s’empêtrer dans des conflits territoriaux en Asie. Et contrairement aux pays asiatiques, ils ne pâtiraient pas d’une “doctrine Monroe” de la Chine déclarant qu’elle n’acceptera pas d’intervention extérieure en Asie. Mais la neutralité américaine dans les conflits de souveraineté pourrait miner ses accords bilatéraux de sécurité. Or en empêchant des pays comme le Japon de se militariser, ces accords servent en réalité les intérêts chinois.

Le rééquilibrage américain en Asie masque le test de sa propre puissance réalisé par la Chine avec ses récentes actions. Ce n’est pas seulement la souveraineté sur les îles de mer de Chine orientale et de mer de Chine méridionale qui est en jeu, mais un ordre régional basé sur des règles, la liberté de navigation dans les airs et sur les mers de la région, l’accès aux ressources maritimes et une dynamique du pouvoir équilibrée en Asie.

En alimentant le sentiment d’insécurité du Japon, les USA risquent de susciter un retour du militarisme – le résultat inverse de celui qu’ils recherchent.

Traduit de l’anglais par Patrice Horovitz.

Copyright Project Syndicate


Brahma Chellaney est professeur d’études stratégiques au Centre de recherche politique à New-Delhi.


For additional reading on this topic please see:

Innovation, the ‘Third Arrow’ and US-Japan Relations
Japan’s Defence Engagement: Implications of Abe’s Yasukuni Visit
Transatlantic Interests in Asia


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اليابان ومشكلة أوباما

Photo: US Federal Government/Wikimedia Commons.

طوكيو ــ عندما قام رئيس الوزراء الياباني شينزو آبي في الشهر الماضي بزيارة ضريح ياسوكوني المثير للجدال في طوكيو، أدان قادة الصين، كما كان متوقعا، قراره بتكريم أولئك الذين كانوا وراء “الحرب العدوانية ضد الصين”. ولكن آبي كان بهذا يبعث أيضاً برسالة إلى حليفة اليابان الرئيسية والمدافعة عنها الولايات المتحدة. ففي مواجهة إحجام الرئيس الأميركي باراك أوباما عن التصدي لاستعراض الصين لعضلاتها وطموحاتها الإقليمية في آسيا ــ والذي انعكس في اختلاف اليابان مؤخراً مع الولايات المتحدة بشأن منطقة تعريف الدفاع الجوي الصينية الجديدة ــ اضطر آبي اليائس على نحو متزايد إلى إبلاغ البلدين بطريقته بأن ضبط النفس لا يكون من جانب واحد.

من منظور الصين وكوريا الجنوبية فإن احتواء ضريح ياسوكوني على 14 من عتاة مجرمي الحرب الذين أعدموا بعد الحرب العالمية الثانية يجعل من هذا الضريح رمزاً قوياً للنزعة العسكرية اليابانية في فترة ما قبل الحرب، وقد امتنع آبي لفترة طويلة عن زيارته ــ بما في ذلك أثناء فترته السابقة في منصب رئيس الوزراء. وربما كان آبي ليظل على امتناعه ذاك لو لم تبادر الصين إلى إنشاء منطقة الدفاع الجوي تلك، والتي تؤسس لسابقة جديدة مشؤومة متمثلة في اغتصاب المجال الجوي فوق بحر الصين الشرقي، بما في ذلك مناطق لا تسيطر عليها الصين. (ويبدو أن آبي لم يراع أن حجه إلى ضريح ياسوكوني ربما ينتهي إلى مساعدة الصين بتعميق خصومة كوريا الجنوبية تجاه اليابان).

كانت إدارة أوباما تضغط على آبي لمنعه من تأجيج التوترات الإقليمية بزيارة ياسوكوني ــ المناشدة التي كررها نائب الرئيس جو بايدن خلال توقفه مؤخراً في طوكيو في طريقه إلى بكين. والواقع أن رحلة بايدن كانت سبباً في تعميق مخاوف اليابان الأمنية، لأنها أبرزت التركيز الأميركي على موازنة علاقاتها في شرق آسيا، حتى لو كان ذلك يعني التسامح مع الصين التوسعية باعتبارها المعادل الاستراتيجي لليابان الحليفة.

وبدلاً من تأجيل رحلة بايدن إلى بكين لإظهار عدم الموافقة على منطقة الدفاع الجوي الصينية الجديدة، نصحت الولايات المتحدة شركات الطيران التجارية التابعة لها باحترام تلك المنطقة، في حين طلبت اليابان من شركاتها أن تتجاهل مطالبة الصين لها بتقديم خطط رحلاتها عبر المنطقة مقدما. وبمطالبة اليابان بضبط النفس، أثارت الولايات المتحدة قلقها من دون الفوز بأية تنازلات من قِبَل الصين.

والآن، باتت هوة الخلاف المتزايدة الاتساع بين الولايات المتحدة واليابان واضحة بشكل صارخ. إذ يشعر آبي بأن أوباما خذله عندما قرر عدم اتخاذ موقف حازم من منطقة الدفاع الجوي الصينية الجديدة ــ الحلقة الأحدث في سلسلة من التحركات العدوانية من قِبَل الصين لقلب الوضع الراهن في بحر الصين الشرقي. ومن جانبها، انتقدت حكومة الولايات المتحدة زيارة آبي لضريح ياسوكوني علنا ــ وعلى نحو غير معهود ــ وأصدرت سفارتها في اليابان بياناً قالت فيه إن الولايات المتحدة “شعرت بخيبة الأمل إزاء هذا التحرك من قِبَل الزعامة اليابانية والذي من شأنه أن يؤدي إلى تفاقم التوترات مع جيران اليابان”.

ولا تعني مثل هذه الاتهامات أن التحالف بين الولايات المتحدة واليابان ــ الذي يشكل حجر الأساس للانتشار العسكري الأميركي في آسيا ــ معرض لخطر داهم. فاليابان لا تزال الحليف النموذجي الذي يستضيف وجوداً عسكريا أميركياً ضخما، حتى أنها تتحمل تكاليف إبقاء القوات الأميركية على أراضيها. والواقع أن زيارة آبي لضريح ياسوكوني جاءت بعد يوم واحد من إتمامه للاتفاق الثنائي الصعب الذي دعمته الولايات المتحدة لنقل القاعدة الجوية الأميركية في أوكيناوا إلى منطقة أقل اكتظاظاً بالسكان على الجزيرة. وهو يؤيد دخول اليابان في اتفاقية الشراكة عبر المحيط الهادئ التي تقودها الولايات المتحدة، والتي تُعَد كتلة تجارية إقليمية ناشئة وسوف تستبعد الصين.

ورغم هذا فإن الصدع النفسي بين إدارة آبي وإدارة أوباما كان في اتساع تدريجي. ففي حين تشعر الولايات المتحدة بالغضب إزاء موقف آبي القومي في مواجهة الصين وكوريا الجنوبية، فإن المسؤولين اليابانيين توقفوا عن محاولة إخفاء عدم ارتياحهم إزاء الجهود التي يبذلها أوباما لإيجاد التوازن بين الالتزامات التي يفرضها التحالف بين البلدين ورغبة إدارته في تحسين العلاقات الصينية الأميركية. وقد أمضى بايدن في مناقشة الرئيس الصيني شي جين بينج أكثر من ضعف الوقت الذي أمضاه في مناقشة آبي.

وتكمن المفارقة هنا في أنه برغم عودة الولايات المتحدة إلى قلب العملية الجيوسياسية في آسيا بدافع من قلقها إزاء عدوانية الصين المتنامية وبرغم تمكنها من تعزيز ترتيباتها الأمنية في المنطقة، فإن هذا لم يدفعها إلى التحرك بهدف قمع سياسات الصين التوسعية. ونتيجة لهذا، أصبحت اليابان متشككة حول مدى استعداد أميركا لدعمها عسكرياً في حال شنت الصين هجوماً على جزر سينكاكو التي تسيطر عليها اليابان (والتي تسمى جزر دياويو في الصين). وكان خطاب إدارة أوباما المتناقض ــ الذي يؤكد على أن المعاهدة الأمنية بين الولايات المتحدة واليابان تغطي جزر سينكاكو، في حين يرفض اتخاذ موقف بشأن السيادة على هذه الجزر ــ سبباً في زيادة الطين بلة.

وكان جرس الإنذار بالنسبة لليابان عندما تقاعس أوباما عن التحرك في عام 2012 عندما وضعت الصين يدها على سكاربورو شول، التي تشكل جزئاً من المنطقة الاقتصادية الخالصة للفلبين. وفي محاولة لإنهاء المواجهة المتوترة، توسطت الولايات المتحدة في اتفاق وافق البلدان بموجبه على سحب سفنهما البحرية من المنطقة. ولكن بعد انسحاب الفلبين، احتلت الصين المنطقة من جديد ــ وعلى الرغم من معاهدة الدفاع المشتركة بين الولايات المتحدة والفلبين فإن الولايات المتحدة لم تحرك ساكناً تقريباً في الرد على الصين. وكان هذا سبباً في تشجيع الصين فعلياً على الاستيلاء على مجموعة جزر ضحلة أخرى تطالب الفلبين بالسيادة عليها، وهي جزء من جزر سبراتلي المتنازع عليها.

الواقع أن بعض العوامل مثل المسافة الجغرافية والترابط الاقتصادي جعلت الولايات المتحدة متخوفة من التورط في النزاعات الإقليمية في آسيا. وخلافاً للبلدان الآسيوية فإن أميركا لن تعاني حقاً من “مبدأ مونرو” الصيني والذي تعلن الصين بموجبه أنها لن تقبل بأي تدخل خارجي في آسيا. ولكن الحياد الأميركي إزاء النزاعات على السيادة يهدد بتقويض تحالفاتها الأمنية الثنائية (والتي بمنعها لبلدان مثل اليابان من التحول نحو النزعة العسكرية تخدم مصالح الصين في واقع الأمر).

إن محاولات إدارة أوباما لموازنة مواقفها في آسيا تشوش على الاختبار الأوسع للقوة والذي يتجسد في تحركات الصين الأخيرة. ولكن ما أصبح على المحك الآن ليس مجرد مجموعة من الجزر الصغيرة في بحر الصين الشرقي وبحرها الجنوبي، بل النظام الإقليمي القائم برمته، وحرية الملاحة في البحار والسماء، والقدرة على الوصول إلى الموارد البحرية، وديناميكيات توازن القوى في آسيا.

وبتأجيج شعور اليابان بانعدام الآمان فإن السياسة الأميركية تهدد بإحداث نفس النتيجة التي تسعى إلى منعها ــ العودة إلى النزعة العسكرية.

ترجمة: أمين علي  Translated by: Amin Ali

Copyright Project Syndicate


براهما تشيلاني أستاذ الدراسات الاستراتيجية في مركز أبحاث السياسة الذي يتخذ من نيودلهي مقراً له.


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1914 Revisited?

Photo: greatwar.nl/Wikimedia Commons

CAMBRIDGE – This year marks the hundredth anniversary of a transformative event of modern history. World War I killed some 20 million people and ground up a generation of Europe’s youth. It also fundamentally changed the international order in Europe and beyond.

Indeed, WWI destroyed not only lives, but also three empires in Europe – those of Germany, Austria-Hungary, and Russia – and, with the collapse of Ottoman rule, a fourth on its fringe. Until the Great War, the global balance of power was centered in Europe; after it, the United States and Japan emerged as great powers. The war also ushered in the Bolshevik Revolution of 1917, prepared the way for fascism, and intensified and broadened the ideological battles that wracked the twentieth century.

How could such a catastrophe happen? Shortly after the war broke out, when German Chancellor Theobald von Bethmann-Hollweg was asked to explain what happened, he answered, “Oh, if I only knew!” Perhaps in the interest of self-exoneration, he came to regard the war as inevitable. Similarly, the British Foreign Minister, Sir Edward Grey, argued that he had “come to think that no human individual could have prevented it.” » More

¿Una nueva mirada a 1914?

Photo: greatwar.nl/Wikimedia Commons

CAMBRIDGE – Este año se cumple un siglo de un acontecimiento que transformó la historia moderna. En la Primera Guerra Mundial perecieron cerca de 20 millones de personas, destruyéndose una generación de jóvenes europeos. También cambió de manera fundamental el orden internacional en Europa y el resto del mundo.

De hecho, la Gran Guerra destruyó no solo vidas, sino tres imperios europeos: el alemán, el austrohúngaro y el ruso, y con el colapso del régimen otomano prácticamente un cuarto. Hasta antes de su inicio, el equilibrio de poder mundial estaba centrado en Europa; tras ella, Estados Unidos y Japón emergieron como grandes potencias. La guerra además abrió las puertas a la Revolución Bolchevique de 1917, preparó el camino para el fascismo e intensificó y amplió las batallas ideológicas que caracterizaron el siglo veinte.

¿Cómo pudo ocurrir una catástrofe de semejantes dimensiones? Poco después de su estallido, cuando se le pidió una explicación al entonces Canciller alemán Theobald von Bethmann-Hollweg sobre qué ocurrió, respondió: “¡Ah, si solo lo supiera!” Quizás con ánimo autoexculpatorio, llegó a ver la guerra como algo inevitable. De manera similar, el ministro británico de Asuntos Exteriores, Sir Edward Grey, planteó que había “acabado por pensar que ningún ser humano en particular hubiera podido evitarla.”

La pregunta a la que nos enfrentamos hoy es si puede ocurrir de nuevo. Margaret MacMillan, autora del interesante libro 1914. De la paz a la guerra, de reciente publicación, plantea que “resulta tentador (y da que pensar) comparar las relaciones actuales entre China y Estados Unidos con las de Alemania e Inglaterra hace un siglo”. Tras hacer una comparación similar, el semanario The Economist concluye que “la similitud más inquietante entre 1914 y el momento actual es la complacencia”. Y algunos politólogos, como John Mearsheimer de la Universidad de Chicago, han argumentado que “para decirlo sin rodeos: China no puede ascender como potencia pacíficamente.

Pero las analogías históricas, si bien a veces son útiles como prevención, resultan peligrosas cuando conllevan una sensación de inevitabilidad. La Primera Guerra Mundial no lo fue, sino que se volvió más probable por el ascenso de Alemania y los recelos que ello creó en Gran Bretaña, y también por la respuesta atemorizada de Alemania al ascenso de Rusia, además de multitud de otros factores, entre ellos errores humanos. Sin embargo, hoy en día la brecha entre Estados Unidos y China es mayor que la que existía entre Alemania y Gran Bretaña en 1914.

Para sacar lecciones de 1914 que resulten útiles para el momento actual es necesario disipar los muchos mitos que se han creado sobre la Gran Guerra. Por ejemplo, la acusación de que se trató de una guerra preventiva iniciada deliberadamente por Alemania se ve desmentida por la evidencia de que las elites más importantes no lo creían así. Tampoco fue una guerra puramente accidental, como sostienen otros: Austria participó de manera deliberada para repeler la amenaza de un nacionalismo eslavo en ascenso. Hubo errores de cálculo sobre la duración y el alcance de la guerra, pero eso no equivale a que haya sido accidental.

También se dice que la causa de la guerra fue una carrera armamentista desenfrenada en Europa, pero esta ya había acabado en 1912 y Gran Bretaña la había ganado. Si bien existía inquietud por el creciente poderío de los ejércitos, esta resulta una visión más bien simplista.

El mundo de hoy es diferente al de 1914 en muchos e importantes sentidos. Uno es el que las armas nucleares dan a los líderes políticos el equivalente a una bola de cristal que les muestra cómo quedaría el mundo tras una escalada. Quién sabe que si el Emperador, el Káiser y el Zar hubieran podido ver en 1918 la destrucción de sus imperios y la pérdida de sus tronos habrían sido más prudentes en 1914. No hay duda de que este efecto de “vista previa” influyó fuertemente sobre los dirigentes estadounidenses y soviéticos durante la crisis de los misiles de Cuba. Es probable que hoy tendría una influencia similar sobre Estados Unidos y China.

Otra diferencia es que la ideología de la guerra hoy es mucho más débil. En 1924 se pensaba de verdad que la guerra era inevitable, en una visión fatalista reforzada por el argumento del darwinismo social de que “limpiaría el aire” como una buena tormenta de verano. Como escribiera Winston Churchill en La crisis mundial:

“Había una atmósfera extraña. No satisfechas con la prosperidad material, las naciones se volvieron con fiereza hacia las luchas, fueran estas internas o externas. Las pasiones naturales, que habían sido exaltadas indebidamente en momentos de declive de la religión, ardían bajo la superficie de casi cada país con llamas intensas aunque oscuras. Casi se podría pensar que el mundo deseaba sufrir, y no hay duda de que los hombres estaban ansiosos por tentar su suerte.”

No hay duda de que el nacionalismo está aumentando en China, al tiempo que Estados Unidos ha iniciado dos guerras después de los ataques del 11 de septiembre, pero ninguno de estos países tiene una actitud belicosa o complaciente acerca de una guerra limitada. China aspira a tener mayor peso en la región y Estados Unidos tiene aliados regionales a cuya defensa se ha comprometido. Siempre es posible que haya errores de cálculo, pero el riesgo se puede reducir mediante las opciones de políticas adecuadas. De hecho, ambas potencias tienen fuertes incentivos para cooperar en varios ámbitos, como el energético, el cambio climático y la estabilidad financiera.

Más aún, si bien la Alemania de 1914 estaba pisando los talones a Gran Bretaña (y ya la había superado en términos de potencia industrial), Estados Unidos sigue estando a décadas de distancia de China en recursos generales en los ámbitos militar, económico y de poder blando. Si se embarcara en una aventura política demasiado arriesgada, China podría poner en riesgo lo que lleva ganado interna y externamente.

En otras palabras, Estados Unidos tiene más tiempo para manejar sus relaciones con una potencia en ascenso que el que tuvo Gran Bretaña hace un siglo. Una actitud demasiado temerosa puede resultar siendo una profecía autocumplida. Otro asunto es si Estados Unidos y China manejarán bien su relación, pero el modo como lo hagan será el dictado de las decisiones humanas, no de alguna ley histórica ineludible.

Una de las lecciones que podemos aprender de los sucesos de 1914 es desconfiar de los analistas que plantean analogías históricas, especialmente si tienen un aire de inevitabilidad. La guerra nunca es inevitable, aunque la creencia en su inevitabilidad sea una de sus causas.

Traducido del inglés por David Meléndez Tormen.

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Joseph S. Nye, Jr. es profesor de la Universidad de Harvard y autor del libro El liderazgo presidencial y la creación de la era estadounidense (Presidential Leadership and the Creation of the American Era).


For additional reading on this topic please see:

The Historian and the Centenary

The Concept of “Rising Powers”

A Look Back at the Buildup to the Great War


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